Parole aux professionnels
« L’Association pour l’Education familiale a été créée pour aider les familles dans l’éducationdifficile des enfants de 0 à 7 ans. Ce service est ambitieux et mérite d’avoir un soutienfinancier pour poursuivre son travail. (…) Le service mis en place par l’équipe de l’éducationfamiliale est hautement efficace, nous l’avons vu à l’oeuvre pendant huit ans, investissantnos cabinets médicaux en mettant à leur disposition nos salles d’attente. Que d’énergiepour accompagner les parents à recadrer leurs enfants ne connaissant aucune limite. Quelservice rendu à notre société en limitant les dérapages futurs ! La prévention n’a pas de prix,et elle sera de toute façon meilleur marché que les conséquences des dérapages. »
Extraits de la lettre écrite par la Dresse Stéphanie Goumaz, présidente,au nom de la société des pédiatres fribourgeois
Profession parent
À Fribourg, un service cantonal propose accompagnement et soutien aux familles concernées par l’éducation d’enfants de 0 à 7 ans. Le témoignage de Patricia et Eric Fasel. Léonie (5 ans) approche, un petit sourire en coin. "Maman, tu me donnes un bonbon ?" Cette dernière n’a pas le temps de se lever que déjà Lucien (13 mois) hurle parce que son véhicule en plastique refuse de franchir le seuil de la cuisine. Débarque alors Elise (3 ans) pour réclamer son pyjama.. Décidément, la vie de famille ne ressemble en rien à un long fleuve tranquille. Et ce ne sont pas Patricia et Eric Fasel, les heureux géniteurs de ce décoiffant trio, qui diront le contraire !
Etre père et mère nécessite une bonne dose d’amour et de patience. C’est un métier qui s’apprend sur le tas et dans la durée, le plus souvent sans aides ni conseils extérieurs. Exception : le canton de Fribourg où un projet cantonal baptisé "Education familiale" a été lancé. Son objectif : soutenir et accompagner les parents de mômes âgés de 0 à 7 ans dans leurs tâches éducatives, par le biais d’ateliers thématiques, d’entretiens individuels et de rencontres informelles.
"J’ai commencé de fréquenter le "Café-mamans" de cette association pour que Léonie, qui était très introvertie, puisse se confronter à d’autres enfants, raconte Patricia Fasel. Parce que dans ce lieu, en principe, les enfants jouent et les mamans discutent." Donc, son aînée se socialisait pendant qu’elle échangeait expériences et préoccupations du moment avec d’autres mères. "Je continue d’y aller", précise la jeune femme.
L’appétit venant en mangeant, les Fasel décident ensuite de s’inscrire en couple à un atelier proposé par "Education familiale". Trois soirées en automne de l’an dernier. "Nous ne rencontrions pas de problèmes particuliers avec nos enfants, relève Eric. L’idée, c’était d’un peu se remettre en question, de trouver quelques outils pour nous faciliter la vie… En fait, comme la plupart des parents, nous cherchons à aller vers le mieux !"
Sous la houlette d’une animatrice, ce technicien en radiologie et cette assistante médicale ont ainsi pu aborder quelques sujets brûlants ("Quelle éducation pour nos enfants ?", "Comment gérer les conflits entre enfants ?", "A trois, j’explose !"…), approfondir leurs connaissances en matière de développement de l’enfant et dialoguer également avec la vingtaine de parents présents. "On se rend compte notamment qu’on est tous confronté aux même difficultés et ça fait du bien", sourit Patricia. Son mari acquiesce.
Elise déboule dans la cuisine et braque son regard d’ange décidé dans notre direction. Et son pyjama, alors !!? Cette intrusion rappelle aux Fasel que leur fillette piquait, il n’y a pas si longtemps de cela, de jolies crises. "On en a parlé lors de cet atelier et on a appris à mieux les gérer, à mieux les vivre", note Madame. "Ces conseils à la fois extérieurs et professionnels nous ont aussi aidés à déculpabiliser de certaines situations, de certains actes", ajoute Monsieur.
Ce couple de trentenaires tire un bilan très positif de cette expérience. Ça lui a permis de prendre du recul, de réfléchir à ses pratiques éducatives, de les modifier un tantinet ("On est plus ouvert au dialogue et moins autoritaire qu’auparavant."), d’améliorer donc leurs compétences parentales et, en prime, d’amener davantage de sérénité au sein de la famille. "Nous ne serons quand même jamais des parents parfaits", rigolent Patricia et Eric. Tant mieux pour leurs enfants !
Alain Portner